Visite du Centre régional de restauration et de conservation des œuvres d’art

Le C2RCOA est à 5 min. à pied du lycée (situé dans l’ancienne école normale, sur l’actuel site du Département de la Haute Saône)

Nous sommes reçus par le directeur du centre depuis 2022, M. Olivier Steib, dans la salle de documentation (où sont conservés les dossiers des œuvres ou « carnets de santé », car il en parle comme des « patients »). Il a fait 5 ans d’étude à l’ENSAV La Cambre à Bruxelles puis à l’ESBA à Tours1 et est spécialisé dans la sculpture. Les restaurateurs sont des passeurs et œuvrent dans l’ombre : ils conservent en premier lieu et restaurent si besoin, mais ne pratiquent pas de rénovations.

Il nous explique l’organisation et le fonctionnement de la structure : il s’agit d’une association créée en 1985 (2500 œuvres restaurées depuis l’ouverture), il existe dix structures de ce genre en France et le centre vésulien de 2000 m2, assuré à hauteur de 3,5 millions d’euros, est spécialisé dans la restauration des œuvres en bois, notamment des retables.

Puis nous nous sommes rendus dans la pièce réservée au diagnostic où nous avons vu une Vierge de Rambervillers (Vosges) du XVIe siècle, sculptée dans un seul tronc mangé par les insectes, mais aussi un tableau du XVIIe restauré et prêt à être remis en place à la cathédrale St Jean de Besançon, ainsi qu’un tableau restauré lui aussi en partance pour le musée Bartholdi de Colmar. La pièce est équipée d’appareils photos (photos prises avant, pendant, après la restauration), mais les œuvres sont aussi examinées aux ultraviolets (rayonnement discriminant), aux rayons X, en lumière rasante (tangentielle), aux infrarouges, au scan 3D, voire si besoin avec des scientifiques pour une datation au carbone 14 ou autre panoplie d’examens plus pointus dans des laboratoires spécialisés.

La demande de restauration peut venir d’un propriétaire individuel ou d’un marché public, et il faut compter environ 6 mois entre la demande et la restauration pour une œuvre d’art protégée.

Ensuite, nous nous sommes rendus dans l’atelier de désinfestation (anoxie) où se situe un bunker radiologique pour lequel les règles de sécurités sont drastiques. Les insectes peuvent être traités par l’anoxie, par la surgélation (-30°C), par la diathermie (+ de 50° C), en dernier recours par des pesticides. Ce sont des lieux et des métiers où beaucoup de produits chimiques sont utilisés. Neuf tableaux (5mX3 chacun) du chœur de la cathédrale de Cambrai, en grisaille, étaient attendus.

1 Il existe 4 formations reconnues par l’Etat en France pour la conservation-restauration des œuvres protégées, dans les musées et monuments historiques : l’ESBA Tours, l’INP et Paris 1 La Sorbonne, et l’Ecole d’Avignon.

Enfin, M. Steib nous a montré l’atelier des œuvres pondéreuses où nous avons pu admirer trois statues : une sculpture de St Jean Baptiste (reconnaissable à la peau de dromadaire qu’il porte) du XIVe siècle venant de la Grande Saline et pesant 180 kg, une Vierge à l’enfant du XVe siècle en pierre calcaire du Bassin parisien de 280kg avec des cabochons imitant des pierres précieuses et des bijous, et enfin une Vierge de Poligny pesant 380 kg (en léger contraposto = déhanchement). C’est en voyant ces trois statues que nous avons compris comment les spécialistes peuvent les dater en fonction des traits du visage, des drapés des vêtements, des couleurs de la polychromie, ou de la posture. Monsieur Steib a su expliquer avec pédagogie et passion le travail du C2RCOA ce dont nous le remercions chaleureusement.




Groupe de T. HGGSP, ven. 3 avril 2026 13h50 15h45, Mme Auburtin et M. Riboton

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